Plagiat ou inspiration ?

Plagiat ou inspiration ?

Un artiste (Guillaume Verda) devait être exposé à la Galerie Sakura (Paris) du 16 au 24 février 2019 présentant une série de tableaux très (TRES TRES) inspirés de l’œuvre du célébrissime Jean-Michel BASQUIAT.  

Ces tableaux étaient tellement proches de ceux de Basquiat que la twittosphère s’est énervée, et que, devant la bronca des internautes, la galerie a finalement annulé l’exposition.

Rien sur le site de la galerie n’explicitait un quelconque lien ou un quelconque hommage à Basquiat

Rien dans la présentation de l’artiste sur son site internet ne faisait référence à l’influence du célèbre artiste new-yorkais sur son travail.

L’artiste a même préféré fermer son site, et ses comptes de réseaux sociaux, et n’a jamais répondu aux accusations des internautes.

Alors, où se situe la frontière entre hommage, influence, parodie ou plagiat ?

Cette limite est en réalité très mince, et souvent à la libre appréciation des juges

Le Juge basera son opinion sur plusieurs éléments : le caractère intentionnel de l’emprunt, l’importance de l’emprunt vis à vis de l’œuvre finale, la distinction entre la forme et le fond

Les œuvres dérivées (œuvres créées à partir d’une ou plusieurs œuvres préexistantes) sont tout à fait admises.

Les œuvres parodiques sont elles aussi prévues au Code de la Propriété Intellectuelle (article L122-5 4° CPI)

Le maître-mot en la matière est l’originalité

Les magistrats ont parfois estimé qu’un artiste avait le droit de reproduire partiellement une œuvre pour la parodier, ou pour l’intégrer à une œuvre plus complexe à condition de faire preuve de respect, de sens critique et d’humour.

A condition, aussi, que l’on ne puisse confondre son œuvre avec l’original.

Lorsque l’œuvre est reprise sans plus-value artistique ou quelconque originalité, lorsque la distinction est trop étroite pour éviter tout risque de confusion, alors il y a contrefaçon.

En l’espèce, il semble difficile pour Guillaume VERDA de plaider l’hommage (il n’y a aucune référence explicite à Basquiat),  la parodie (aucune distance avec les œuvres premières) ou la simple influence (les œuvres sont très TRES ressemblantes)

Guillaume VERDA – Grin
Guillaume VERDA – Two Brothers

JM BASQUIAT – Skull 1981
JM BASQUIAT – Untitled 1982

Si vous empruntez, si vous vous inspirez, faites-le intelligemment, et créditez votre inspirateur.

Martin GRASSET

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